La France vient d’annoncer qu’elle venait en aide aux centres de tri de vêtements qui traversent une crise profonde. Ils débloquent 6 millions d’euros d’aide pour qu’ils puissent renflouer leur caisse et trouver des solutions. Mais d’où vient cet argent et pourquoi il y a une crise ? 1. L’éco-contribution, c’est quoi ? L’écocontribution, c’est un système qui fait payer les marques, les importateurs et les distributeurs pour financer la gestion des vêtements et des chaussures une fois qu’elles sont jetées. En gros, ceux qui mettent des produits sur le marché doivent payer pour leur fin de vie.
En 2023, le montant de l’éco-contribution était modulé en fonction de plusieurs critères :
- Le poids des articles : Plus un vêtement ou une paire de chaussures est lourd, plus l’écocontribution est élevée.
- Les matériaux utilisés : Les produits intégrant des fibres recyclées ou biosourcées bénéficient de réductions, tandis que les produits moins recyclables subissent un malus.
- L’impact environnemental : Certains articles, en fonction de leur conception, sont soumis à des bonus ou malus environnementaux.
Pour donner une idée, l’éco-contribution peut varier entre 0,01 € et 0,06 € par article, mais ces montants peuvent augmenter selon les critères mentionnés.
Mais voilà, très souvent certaines marques low-cost, comme Shein, passent à côté de l’addition. Comment ? En livrant direct depuis l’étranger (donc peu de contrôle possible) et en profitant de zones grises dans les lois. Bref, elles ne jouent pas le jeu et laissent les autres payer pour leurs déchets.
(Nous sommes en train de demander la contribution de Shein l’année dernière, on est curieux de savoir. Selon nos estimations, ils devraient payer entre 3 et 6 millions d'euros d'éco-contribution).
2. On finance quoi avec cette éco-contribution ?
L’éco-contribution finance plusieurs activités essentielles :
- Le soutien aux centres de tri pour traiter les textiles en fin de vie.
- La mise en place d’un fonds pour encourager la réparation des produits.
- Le développement de projets de réemploi et de réparation.
- La recherche et développement pour innover dans le secteur textile et surtout le recyclage.
- Des campagnes de communication et de sensibilisation pour mieux informer les consommateurs.
Ces financements sont cruciaux pour s’occuper des tonnes de textiles qui arrivent en fin de vie. Mais vu le volume qui augmente, cela reste insuffisant pour couvrir tous les besoins.
3. Pourquoi les centres de tri sont en crise ?
- Trop de vêtement sur le marché international
Les pays qui importaient nos vêtements d’occasion, comme en Afrique ou en Asie, n’arrivent plus à tout absorber. Les marchés sont saturés.En plus, les textiles envoyés sont souvent de mauvaise qualité (merci la fast fashion). Du coup, ils ne se vendent pas bien.
- Certains pays disent stop aux vêtements d’occasion
Des pays comme le Rwanda ou le Kenya limitent ou interdisent ces importations pour protéger leur industrie locale (et c’est une bonne chose).
- Les centres de tri débordés
En France, on collecte de plus en plus de vêtements, mais les centres de tri n’arrivent pas à suivre. Et avec des produits non recyclables en masse, c’est encore pire.
- Les prix s’effondrent
Avec moins de demande pour les textiles d’occasion, les prix chutent. Les centres de tri ne gagnent plus assez pour tourner correctement.
- Le transport qui coûte un bras
Les coûts logistiques explosent, et ça complique encore plus l’équation.
4. Ce qu’on en pense : les marques low-cost doivent payer
Cette crise montre clairement les conséquences négatives des marques low-cost. Car ce sont clairement elles qui sont responsables à 100% de cette crise. Elles saturent la filière avec des produits jetables, non recyclables, et laissent les autres se débrouiller avec leurs déchets.
D’autant qu’elles sont susceptibles de moins contribuer à l’effort que les autres à cause du manque de contrôle.
Les 21 millions d’euros alloués aux centres de tri, c’est bien, mais ils devraient être payés directement par les responsables de ce chaos.Ce qu’il faut faire :
- Limiter l’entrée des produits fast fashion en France, voire imposer des taxes très élevées sur les produits low-cost de mauvaise qualité ou non recyclable.
- Forcer les marques low-cost à contribuer davantage pour financer les centres de tri et les solutions de revalorisation.
- Rajouter des contrôles pour s'assurer qu'elles contribuent au même niveau que les autres.
La loi anti-fast fashion est une vraie solution, mais il faut en faire une priorité pour changer les choses. Sinon, on continuera à empiler les problèmes.
Je m’appelle Marie, je suis la co-fondatrice de WeDressFair, mais au fond je reste cet enfant, disons-le, un peu chiant 😇, qui demande 150 fois pourquoi dans la journée. Alors j’ai fait de ma passion du "pourquoi", une série d’édito (très intéressants) à lire toutes les semaines dans votre boite email, à écouter sur les réseaux et à retrouver sur notre site. Ça parle évidemment de notre rapport au textile, mais pas que.. Je vous laisse découvrir.
Tags Les éditos de Marie