Labels, certifications, étiquetages : guide pour une mode responsable

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Labels, certifications, étiquetages : guide pour une mode responsable
#tracabilite

Ecrit par Solène le 25 juin 2020

Face à la prédominance de la fast fashion et d'une chaîne de production de plus en plus complexe, les marques éthiques, cherchant à préserver l'environnement et les hommes, ont besoin de certifications pour se différencier des marques standards et pour initier du changement.

La transparence est au cœur du commerce équitable et les labels sont un moyen pour mieux identifier les produits éco-responsables et, ainsi, faire un choix éclairé.

Gare aux "faux labels" ou aux marques supposément éthiques, qui ne labellisent qu'une infime partie de leurs collections pour améliorer leur image de marque au travers de campagnes de communication massives.

Les labels ne donnent pas l'assurance qu'une marque est éthique dans sa globalité, mais inversement, leur absence ne prouve pas systématiquement qu'un produit n'est pas durable.

Nous avons donc réuni une liste (non exhaustive) de questions qu'on peut légitiment se poser au sujet des labels.

Qu'est-ce qu'un label ?

Un label est une marque protégée associée à un produit ou à une organisation, délivrée par une tierce partie et contrôlée régulièrement sur la base d'un cahier des charges établi collectivement. Celui-ci assure la qualité, l'origine et les conditions de fabrication d'un produit commercialisé.

On le trouve sous la forme d'un logo apposé généralement sur l'étiquette du vêtement.

Les labels permettent de contrôler différents aspects de l'industrie du textile : les procédés de production et de transformation, le respect de conditions de travail éthiques et équitables ou encore, l'interdiction de substances dangereuses. Certains labels encouragent également l'introduction de fibres naturelles dans les vêtements. Par exemple, le label GOTS atteste de la présence de matières biologiques.

Un label ne permet pas de contrôler toute la chaîne de production et ne garantit que certains aspects d'un bien : la consommation d'eau, les matières premières utilisées, l'empreinte carbone résultant de la production...

⚠️ Mais attention ! Les labels de la mode ne font pas l'objet d'une véritable définition par la législation française. Des labels bien spécifiques, principalement issus de l'industrie agro-alimentaire sont compris dans la réglementation : labels rouge, labels pour l'égalité professionnelle etc.

La notion de certification, elle, est bien plus encadrée par le droit français. C'est pourquoi, il est préférable de se fier à un label certifié par une tierce partie indépendante.

On se méfie donc des labels autoproclamés écologiques et éthiques qui n'ont aucun caractère officiel et qui ne sont pas contrôlés de façon impartiale !

  • Le label : une marque spéciale qui regroupe un ensemble d'exigences auquel les produits labellisés doivent se conformer. Un label peut provenir d'un organisme public ou privé.
  • La certification : une procédure qui permet de certifier la qualité et la conformité des produits et des services, par un organisme indépendant et lui-même accrédité selon la norme internationale.

Quels sont les différents types de labels ?

On peut trouver des labels dans des secteurs très divers : l'agriculture, l'environnement, le travail, le social, le patrimoine etc.

Les labels se divisent en deux catégories : ceux qui vérifient les caractéristiques d'un produit ou d'un service et ceux qui contrôlent le fonctionnement d'un organisme (entreprise, association, administration).

  • Le label Oeko-Tex : certifie des produits sans substances toxiques pour l'homme et l'environnement
  • Le label Fair Wear Foundation : certifie des conditions de travail équitables pour les travailleur.euse.s du textile dans les entreprises adhérentes.

Comme nous l'avons vu plus haut, les labels se différencient aussi selon leur provenance. Les labels peuvent donc être créés par les pouvoirs publics ou par des organismes privés et ONG (label Max Havelaar pour le commerce équitable) mais aussi être créés au niveau national (label Origine France Garantie) ou au niveau international.

Au sein des organismes privés, il faut aussi faire la différence entre les labels d'entreprise et les labels dits "volontaires", créés par des organisations multipartites. À titre d'exemple, la Fair Wear Foundation s'appuie sur des ONG, syndicats de travailleur.euse.s et représentants de marques pour prendre les décisions et choisir des règles collectivement... mais ce n'est pas le cas pour tous.

Un vrai casse-tête ces labels n'est-ce pas ?

⚠️ Mais attention !

La production de matières premières et leur transformation en textile sont les étapes qui sont principalement encadrées par les labels. On va donc regarder comment la fibre est cultivée, récoltée et travaillée avant de certifier une filière comme étant biologique et équitable par exemple. À l'inverse, l'étape de confection du vêtement fait moins l'objet de labellisation. Il faut bien avoir en tête ce que certifie un label avant de s'y fier.

Pour ce qui concerne les conditions de travail, quand un label comme la Fair Wear Foundation n'est pas présent pour certifier des minimas sociaux, il peut être intéressant de chercher soi-même les informations (si par chance elles sont disponibles). Ce sont souvent les fabricants eux-mêmes qui vont établir des règles pour les usines en se basant, généralement, sur les principes fondamentaux de l'OIT. De plus, certains fabricants vont plus loin que d'autres dans la protection et le soutien aux producteur.rice.s et travailleur.euse.s du textile. Cependant, il faut bien que ces règles soient vérifiées par un organisme externe. Dans le cas contraire, celles-ci ne repose que sur du déclaratif, aucune preuve externe ne justifie de l'application de ces règles.

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©Noah Buscher/Unsplash

Comment les labels sont-ils délivrés et contrôlés ?

Ce sont des organismes certificateurs qui délivrent les labels et assurent que les produits labellisés répondent à un cahier des charges strict.

  • Le label Global Recycled Standards (GRS) est certifié par l'organisme Textile Exchange.
  • Le label GOTS permet d'afficher la mention "textile biologique" et est, notamment, certifié par Ecocert pour la France.

A contrario, un label comme Oeko-Tex est lui-même certifié par l'association Oeko-Tex.

C'est pourquoi il est important de vérifier aussi les exigences de chaque label ainsi que l'indépendance des organismes de contrôle.

En effet, les labels doivent être régulièrement contrôlés au travers d'audits et de tests afin de s'assurer que l'entreprise continue à se conformer aux exigences des labels, sans quoi ceux-ci pourront leur être retirés. De plus, ces contrôles doivent être réalisés par des organisations qui n'ont pas de lien direct avec les entreprises concernées.

⚠️ Mais attention ! Si le contrôle est effectué par l'entreprise elle-même ou par une organisation qui lui est directement liée, celui-ci ne pourra évidemment pas être indépendant. Un avis extérieur et impartial est nécessaire pour juger objectivement si les produits et actions de l'entreprise sont bien conformes au cahier des charges originel.

Quel est l'intérêt pour les marques qui commercialisent des produits labellisés ?

Le label est un gage de fiabilité et de qualité pour le consommateur.rice.

À une époque où les préoccupations environnementales et sociales sont de plus en plus présentes dans les esprits, nous sommes nombreux à être rassurés à la vue d'un label qui atteste du caractère éthique et/ou écologique d'un produit ou d'un organisme.

La marque acquiert ainsi de la reconnaissance et de la visibilité en se différenciant d'autres entreprises.

Le label est donc une garantie mais aussi un signal. À la vue d'un label certifiant la démarche éco-responsable d'une entreprise, nous sommes généralement poussés à préférer ce produit plutôt qu'un autre, non labellisé.

⚠️ Mais attention ! les labels représentent un coût financier pour les marques.

Les enseignes de la fast fashion ne sont pas toutes prêtes à acheter du coton qui devient 30% plus cher pour le producteur.rice s'il souhaite y appliquer un label. Certaines marques peuvent alors être tentées de créer des organismes privés de leur propre initiative afin de labelliser leurs produits. On peut alors tomber dans ce qu'on appelle le "greenwashing" voire le "fairwashing" pour des marques qui ont aujourd'hui bien compris l'importance des enjeux environnementaux et sociaux pour les consommateur.rice.s.

⚠️ À l'inverse, pour des petites marques éthiques qui manquent de visibilité et dont le chiffre d'affaire est encore limité, les labels peuvent ne pas être à leur portée. Ainsi, ne pas avoir de label ne signifie pas (tout le temps) que les produits sont néfastes pour les hommes et l'environnement. Les labels ne sont pas gratuits et leurs coûts peuvent être trop élevés pour des marques qui viennent de se lancer.

En effet, on doit compter le coût des contrôles ainsi que celui des redevances pour l'utilisation du logo. Ces dernières sont calculées en fonction du chiffre d'affaire ou du pourcentage de vente sur les produits labellisés.

➡️ Il est donc important de ne pas s'en remettre totalement aux labels pour effectuer ses achats mais au contraire, d'adopter soi-même une attitude critique en tant que consommateur.rice.

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©Guillaume de Germain/Unsplash

5 questions à se poser pour reconnaître un label fiable

Face au nombre impressionnant de labels qui existent aujourd'hui, il est nécessaire d'avoir en tête un certain nombre de questions avant de leur accorder notre confiance

1. Quel est l'aspect/secteur du produit ou entreprise pour lequel le label s'applique ?

2. Quel est le cahier des charges ? Celui-ci doit être strict, clair et les informations doivent être facilement accessibles pour le consommateur.rice. Il faut également que les exigences aillent plus loin que la législation existante en termes environnementaux ou sociaux par exemple. Pour les labels sociaux, ceux-ci doivent aller plus loin que les principes de l'OIT en proposant par exemple un plan de retraite, une sécurité sociale, des congés maternité etc.

3. Quel est l'organisme certificateur ? Est-il public, privé, national, international ?

4. Est-ce que le label a été créé à la suite d'une concertation collective avec les pouvoirs publics, associations de consommateur.rice.s et de protection, industriels etc.

5. Quels sont les organismes de contrôle ? Sont-il indépendants et compétents, et les contrôles sont-ils réguliers ?

⚠️ Mais attention : il est important de faire la différence entre les labels/ certifications et les simples mentions qui n'ont aucune valeur officielle. On retiendra ici toutes les mentions Made in France, produit vert, produit écologique etc. qui sont trompeuses car elles n'existent qu'à titre déclaratif.

Bravo, vous êtes maintenant des expert.e.s sur les labels !

Mais ne vous arrêtez pas là, on a encore plein d'articles pour mieux comprendre la mode éthique.

A lire aussi :  💬 Découvrir les labels présents chez WeDressFair

💬 L'évaluation des labels environnementaux par l'ADEME

Nos sources :

"Le commerce équitable, c'est quoi ?" par Bercy infos
Les labels par Orain Aline - AFNOR BiVi
"Comment s’orienter dans la jungle des labels?" par Public Eye
Guide des labels de la mode responsable par Lucia García Botana - consoGlobe
En savoir plus sur les labels: interview de Sylvain Czaryski - Marketing durable
Les labels de la mode éthique - Les pieds dans la toile
« Fairwashing » : quand les marques font du blanchiment d’éthique par Paul Conge - NouvelObs
Label de mode éthique - Refabmarket
Les labels : à quoi ça sert ? - Dynamique Mag

Tags : Les fiches pratiques

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