Les bonnes nouvelles du climat en 2020

🕓 Temps de lecture : 8 minutes

Les bonnes nouvelles du climat en 2020
#environnement #actualites

Ecrit par Beryl le 15 mars 2021

2020 a été l'année où les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 10% à 30% selon les pays. Par exemple, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 12% aux États-Unis et de 9% en Inde. Ces diminutions sont le fait des périodes de confinement et du ralentissement de l'économie mondiale, causés par la pandémie. Pour autant, même s'il s'agit d'une bonne nouvelle pour le climat, cette situation n'implique pas forcément une prise en compte structurelle des problématiques liées au dérèglement climatique.

Pour la journée de grève mondiale pour le climat, nous voulons mettre en lumière les bonnes nouvelles pour le climat ayant eu lieu depuis le début de l'année 2020, et les avancées nécessaires pour soutenir ces bonnes nouvelles !

Les avancées au niveau politique

La prise en compte des enjeux environnementaux passe aussi par les politiques publiques mises en œuvre. En 2020, des pouvoirs publics ont mis en place différentes politiques qui ont pour objectifs de réduire la pollution. Voici 5 mesures qui ont eu lieu au cours de l'année passée, et qui ouvrent la voie à des actions futures qui seront favorables pour le climat.

Un projet de pipeline abandonné

Aux États-Unis, depuis 2013, l'Atlantic Coast Pipeline est un projet de pipeline qui devait traverser les états de Virginie Occidentale, Virginie et Caroline du Nord, parcourant ainsi plus de 1000km. Ce projet devait traverser des forêts et aurait eu de nombreuses conséquences néfastes sur les conditions de vie des peuples autochtones amérindiens. Après une grande mobilisation citoyenne et des actions en justice, le projet a fini par être abandonné en 2020 !

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Forêt Dvina-Pinega | ©WWFManifestation contre le projet Atlantic Coast Pipeline, devant la Cour Suprême des États-Unis, 24 février 2020. | Mark Wilson/Getty Images.

Convention citoyenne pour le Climat, en demi-teinte

En octobre 2019, 150 citoyen.ne.s français.e.s ont été tiré.e.s au sort pour faire partie de la Convention Citoyenne pour le Climat. L'objectif de cette Convention est de faire participer des citoyen.ne.s à l'élaboration d'une loi, dont le but est d'atteindre une baisse de 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. Il s'agit d'une expérimentation démocratique originale en France, qui reconnait le fait que tout le monde est concerné par le dérèglement climatique. Pour autant, la retranscription dans le projet de loi Climat et Résilience des 149 mesures proposées par les citoyen.ne.s tiré.e.s au sort n'a pas provoqué la réaction escomptée : de nombreuses voix se sont élevées pour critiquer le manque d'ambition du projet de loi.

Même si c'est un premier pas, ce n'est pas encore assez ambitieux.

Loi Climat et Résilience

Le projet de loi Climat et Résilience (actuellement discutée à l'Assemblée Nationale) est donc la "retranscription" législative des propositions de la Convention Citoyenne pour le Climat. Même si ce projet de loi essuie de nombreuses critiques, il a le mérite de mettre au cœur du débat public la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effets de serre. D'ailleurs, le fait que ce texte soit critiqué est aussi porteur d'une bonne nouvelle : les citoyen.ne.s, certain.e.s député.e.s et le Conseil d'État souhaitent aller plus loin et veulent que la France adopte un projet écologique réellement ambitieux. Cela traduit une réelle prise de conscience des enjeux environnementaux, dans différentes sphères de la société, voici les deux avancées majeures que nous retenons :

  • L'expérimentation d'un score CO2, qui sera appliqué en premier par le secteur de la mode. Ce score a pour but de rendre plus lisible l'impact environnemental des objets que nous consommons.
  • Dans les self-service, une alternative végétarienne sera proposée, afin que les personnes qui ne souhaitent pas manger de viande (même de façon occasionnelle) puissent le faire. La consommation de viande étant une cause de pollution, proposer une alternative peut être un moyen de découvrir de nouvelles options culinaires !

La forêt Dvina-Pinega en Russie catégorisée en réserve naturelle

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Forêt Dvina-Pinega | ©WWF.

Après 17 ans de négociations entre les autorités russes et des ONG environnementales, la forêt Dvina-Pinega d'environ 300 000 hectares, située dans la région d'Arkhangelsk, est catégorisée en réserve naturelle. La Russie est le pays avec la plus grande couverture forestière au monde : une gestion éco-responsable de ses forêts est donc un véritable enjeu environnemental, puisque les forêts abritent une grande biodiversité, tout en absorbant le CO2 de l'atmosphère et en rejetant de l'oxygène.

La fermeture de la dernière centrale à charbon de Suède

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Anne Nygård | © Unsplash

En avril 2020, la Suède a annoncé la fermeture de sa dernière centrale à charbon. Par cette mesure, la Suède devient le 3° pays européen à renoncer à l'utilisation du charbon dans leur politique énergétique. La fermeture de cette centrale a permis de réduire de moitié les émissions de CO2 produites par le service public suédois en un an.

La biodiversité

En 2020, avec les différents confinements ont eu des conséquences bénéfiques sur l'environnement : la biodiversité a pu se développer davantage, ce qui a aussi pu provoquer une certaine prise de conscience des enjeux écologiques. De plus en plus de politiques publiques ont aussi pour objectif de favoriser le développement de la biodiversité.

Le lac Tchad

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Lac Tchad | © AFP/ARCHIVES - SIA KAMBOU

Le lac Tchad est l'un des plus grands lacs d'Afrique, il approvisionne en eau potable 4 pays : le Tchad, le Niger, le Nigeria et le Cameroun. Entre 1960 et 1990, la superficie du lac s'est réduite de 90%, à tel point que des prévisions annonçait son assèchement total pour 2020. En réalité, l'assèchement du lac Tchad s'est stabilisée depuis 20 ans, et depuis 13 ans, sa superficie a même été multipliée par 7 ! Aujourd'hui, la nappe phréatique du lac Tchad se renforce grâce à la pluviométrie en hausse au Sahel. Alors que plus de 20 millions de personnes dépendent du lac Tchad pour vivre, la stabilisation de sa superficie laisse entrevoir le développement de son écosystème !

La Thaïlande et tourisme de masse

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Humphrey Muleba | © Unsplash

En 2020, la Thaïlande a pris une grande décision : fermer pendant quelques mois les lieux les plus touristiques du pays. Cette décision a été inspirée par les périodes de confinement, qui ont permis à la biodiversité de se régénérer, sur les plages notamment. En effet, avec le tourisme de masse que connaît le pays, les écosystèmes n'avaient plus la possibilité de se reconstituer correctement. Cette situation aurait mené, à terme, à la disparition de certaines espèces. Pour contrer ce phénomène, 150 parcs nationaux seront fermés entre 2 et 4 mois, tous les ans.

La reforestation à Madagascar

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© Reforest’Action

Entre 1953 et 2014, Madagascar a perdu 44% de ses forêts naturelles. Cette année, le gouvernement malgache a annoncé vouloir lancer le reboisement de l'île : les arbres couvriront au moins 400km². Même si empêcher de, ou ne pas couper d'arbres est la solution la plus simple pour lutter contre la déforestation, cette politique de reboisement permet d'intégrer de nombreux.ses citoyen.ne.s à la prise de conscience liée aux enjeux climatiques. En un an, environ 60 millions d'arbres seront plantés sur l'île.

La protection des rivières en Slovénie

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Rivière Mur, en Slovénie | © Peter Valic

La rivière Mur est une rivière européenne dont la biodiversité est particulièrement riche : la partie slovène du la rivière est même désignée "réserve de biosphère" par l'UNESCO. Elle présente aussi la caractéristique d'avoir un très grand potentiel hydroélectrique, qui serait révélé par la construction de barrages. Pourtant, comme ces barrages auraient détruits les écosystèmes présents, la Slovénie a décidé d'abandonner tout projet de construction.

Baisse du braconnage de rhinocéros en Afrique du Sud

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Joel Herzog | © Unsplash

En Afrique du Sud, le braconnage de rhinocéros a chuté d'un tiers en 2020. Cela s'explique notamment par les différentes mesures de confinement. En effet, dès que les mesures de circulation se sont assouplies, le braconnage a repris de plus belle. Même si elle n'était que temporaire, cette baisse constitue une petite victoire : l'Afrique du Sud abrite environ 80% de la population mondiale de rhinocéros, et que le braconnage ait été réduit est une bonne nouvelle !

Libération de bélugas

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Mendar Bouchali | © Unsplash

En août 2020, deux bélugas ont été libérés d'un aquarium chinois, pour être placés dans un sanctuaire en "pleine mer" en Islande. Captifs des humains depuis plus de 10 ans, les bélugas ne sont plus adaptés à la vie sauvage : ils sont donc placés dans une baie naturelle fermée par un filet. Alors que le Canada considère que les bélugas sont une espèce en voie de disparition, ils sont les cétacés les plus rencontrés dans des aquariums. Dès lors, leur remise en liberté, qui ne peut que prendre plusieurs générations, semble nécessaire : c'est donc un bon signe que ça commence dès à présent !

2020 a aussi été une année où plusieurs populations animales se sont agrandies :

  • L'espèce la plus menacée au monde, les gorilles des montagnes, s'agrandit : ils sont désormais 1063, répartis en Ouganda et en République Démocratique du Congo.
  • Les pynargues à tête blanche, espèce protégée aux États-Unis, prospèrent : on compte 2,5 fois plus de nids de ces rapaces en 2020 qu'en 2012.
  • La population d'antilopes saïgas, implantées au Kazakhstan, a doublé depuis 2017, grâce à une lutte effective contre le braconnage
  • Au Galapagos, une femelle d'une espèce de tortue pensée disparue depuis 1906 a été trouvée.

Il y a donc quand même des bonnes nouvelles et des avancées pour le climat à célébrer en 2021. Bien sûr, beaucoup reste à faire au niveau politique, au niveau de la protection de la biodiversité et au niveau des habitudes de consommation. Mais se rendre compte des choses qui avancent dans le bon sens est aussi très salvateur, voire galvanisant.

De notre côté, on continue à se battre pour que la mode soit éco-responsable. Et après ce récap des avancées ayant eu lieu en 2020, on se dit que ce changement n'a jamais été aussi proche.

Crédits photo d'illustration : @paisan_officiel ⁠

Sources :

Franceinfo : 24 bonnes nouvelles pour la planète en 2020
WWF : Forêt Dvina-Pinega
La Croix : La renaissance du lac Tchad
Europe 1 : Comment la crise pousse la Thaïlande à reprenser son tourisme
Le Monde : Le reboisement à Madagascar
Sciences et Avenir : La baisse du braconnage des rhinocéros avec le confinement
RTBF : Deux belugas de Chine arrivent dans un sanctuaire marin en Islande
Cartographie du projet Atlantic Coast Pipeline
Le Jeune engagé : La Suède ferme sa dernière centrale à charbon

Tags : Les enquêtes

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