Souvent, la mode éthique est perçue comme une mode “de basiques”. Alors oui, les marques éco-responsables en proposent beaucoup, tout simplement, parce qu’un basique ne se démode pas et va avec tout, mais surtout, parce que les processus de fabrication ont tendance à avoir moins d’impact sur l’environnement. En effet, l’impression de textiles n’est pas bonne pour l'environnement et les hommes. On vous explique.
Comment fait-on de l’impression sur les textiles ?
L’impression sur les textiles peut se faire de différentes manières : artisanale ou industrielle.
Voici les méthodes artisanales :
- L’impression à la planche : ce procédé vient sculpter le motif en relief dans une planche en bois, qui est enduite de colorant et appliquée au tissu.
- Le pochoir : on utilise un motif prédécoupé, ainsi que des couleurs apposées sur la brosse.
- Le batik : on masque avec de la cire les parties du tissu qui n’ont pas de teintes.
Parmi les procédés industriels, il y a :
- Le flocage : on applique des flocks (poils très fins) sur le tissu afin d’obtenir un motif à l’aspect et au toucher velours.
- Le dévoré : ce procédé chimique permet de créer des transparences à certains endroits du tissu.
- L'impression sérigraphique : cela consiste à passer des cadres plats successivement sur le tissu, collé sur des tables chauffantes.
- L’impression à cadre rotatif : cette technique réside dans le passage de cadres rotatifs successivement sur le tissu disposé sur une longue table.
- L’impression numérique : c’est un procédé composé de deux techniques, que sont l'impression digitale (jet d’encre) et le transfert numérique (sublimation).
Y a-t-il des problématiques environnementales ?
L’impression sur les textiles a un impact néfaste sur l’environnement et la santé.
En effet, selon l’ADEME, 20% de la pollution des eaux dans le monde a pour cause la teinture et le traitement des textiles. La teinture des tissus nécessite entre 6 et 9 000 milliards de litres d’eau tous les ans. Par ailleurs, l’eau rejetée par les procédés de teinture contient des produits chimiques (colorants toxiques, métaux lourds…).
D’un point de vue sanitaire, les teintures textiles et les eaux usées rejetées dans la nature, engendrent des irritations de la peau, des cancers, perturbateurs endocriniens, et autres problèmes de santé.
Quelles sont les solutions ?
Des alternatives émergent, comme les colorants naturels, l'utilisation d’exosquelettes de coquillage, ou encore des procédés biologiques.
Par ailleurs, des labels de références existent, comme garde-fous garantissant transparence et traçabilité. C’est le cas du label bluesign, créé par l’entreprise suisse Bluesign Technologies AG.
Le label a pour mission d’accompagner les entreprises à adopter une démarche durable sur le long terme. Elle interdit les substances toxiques pour les hommes et l’environnement, s’assure de l’optimisation des ressources et de la gestion des déchets.
Il intervient à différents niveaux de production et vérifie avant le lancement de celle-ci qu’aucune substance toxique n'intervient dans le processus. D’ailleurs, au moment de la fabrication du textile, le label est particulièrement attentif à l’étape de la teinture et des finitions.
Autre label auquel se référer : le Standard 100 by Oeko-Tex®, qui s’assure de l’absence ou de concentration très faibles de substances chimiques nocives ou indésirables.
Mode éthique et tendance, est-ce compatible ?
La qualité d’un vêtement n’est pas le seul critère de durabilité. Deux autres paramètres entrent en jeu sur le nombre de jours de port d’un vêtement :
- Le “bien aller” dans le temps ;
- La “lassitude” ou “l’envie d’acheter d’autres vêtements”.
Pour preuve, 60% des vêtements donnés et triés en 2021, ont été ré-employés. On parle donc ici de durabilité émotionnelle, qui définit la durée de vie d’un vêtement dans nos garde-robes. Cette notion s’applique sur 3 cas sur 5.
Le problème, c’est qu’il est très difficile pour une marque de contrecarrer, aussi bien, le bien aller que la lassitude pour un vêtement. En effet, il est difficile, voire impossible, d’évaluer cette envie d’achat de nouveauté. Les raisons ?
- C’est un sentiment qui dépend beaucoup de la sensibilité du consommateur sur le vêtement.
- Les facteurs externes viennent augmenter cette sensibilité, comme le renouvellement des collections, les bas prix, les promotions fréquentes, les publicités et le marketing.
L’avantage de la mode éthique, c’est que celle-ci, dans une optique de durabilité, a tendance à proposer des vêtements basiques, qui peuvent se porter avec tout et qui ne sont pas impactés par les modes.
Et si on veut un peu plus de tendance, comment faire ?
Vous aimez les imprimés, plusieurs options s’offrent à vous :
- Choisir des vêtements éco-responsables à motifs (oui, la mode éthique ne fait pas que des basiques !) : des marques proposent des imprimés respectueux de l’environnement (utilisant des colorants naturels, des exosquelettes de coquillage, ou encore des procédés biologiques).
- Choisir des pièces en seconde main : vous pouvez faire de merveilleuses trouvailles dans les magasins vintage ou les vide-dressing !
- Échanger des pièces avec vos proches : si une amie a un haut à motif que vous adorez, proposez-lui un échange de quelques semaines.
Tags C'est quoi le problème ?, Des vêtements en toute transparence