Le caoutchouc, une matière naturelle végétale en pleine croissance

Le caoutchouc, en bref

Le caoutchouc est une matière naturelle d’origine végétale, provenant de l'arbre hévéa, utilisée dans un large éventail de produits.
Son nom vient du mot indien Maïpas « cahutchu » qui signifie « bois qui pleure », faisant ainsi référence à la façon dont le latex coule comme une larme lors de l’incision du tronc.
A l’époque des aztèques, le caoutchouc servait déjà dans différents rites sacrés, ils le façonnaient afin d’obtenir des balles servant d'offrandes. Cette civilisation pratiquait d’ailleurs le « juego de pelota », un jeu qui se jouait avec une balle en caoutchouc.

Dans l'industrie textiles, le caoutchouc est aujourd'hui majoritairement utilisé comme un constituant de chaussures et dans certains sacs. Il est apprécié pour sa capacité à endurer les chocs et sa faible conductibilité thermique.

Aujourd’hui le marché de caoutchouc est partagé entre le caoutchouc naturel et le caoutchouc synthétique. Ce dernier est une alternative industrielle au caoutchouc végétal, mais il est moins durable et moins responsable car obtenu à l'aide d’hydrocarbures polluants.



le caoutchouc provient de l'arbre hévéa

Le caoutchouc: quelques chiffres

La production du caoutchouc naturel représente environ 11 millions de tonnes par an pour 10 millions d’hectares d’hévéa cultivés, des millions d'emplois sont dépendant de cette culture.

90% de la production mondiale de caoutchouc naturel provient d’Asie, alors que l’hévéa est originaire d’Amazonie. La Thaïlande et l’Indonésie se placent en tête des pays producteurs de caoutchouc naturel avec respectivement 32% et 26% de la production mondiale en 2013.

Pays producteurs de caoutchouc naturel en milliers de tonnes

Source 2013 : Wikipedia




La production du caoutchouc synthétique dépasse celle du naturel, environ 16 millions de tonnes par an.
Rien d'étonnant, la Chine en est le premier producteur.



Pays producteurs de caoutchouc synthétique en milliers de tonnes

Source 2014 : Wikipedia




La consommation de caoutchouc naturel est aujourd’hui en hausse dans le monde entier.
C’est surtout la Chine qui participe à cette croissance, elle représente 40% de la consommation mondiale. L’apparition d’une classe moyenne chinoise grandissante contribue à la croissance de la consommation de caoutchouc: ainsi entre 2005 et 2016 cette dernière a augmenté de 88%. Mais cette croissance est plus liée à l’essor de l’industrie automobile qu’à l’industrie textile.

De l’arbre aux magasins: le cheminement du caoutchouc

La récolte du caoutchouc brut

L’hévéa ou arbre à caoutchouc a besoin d’un climat tropical, de chaleur et d’humidité pour grandir. Entre ses 5 ans et 30 ans, il est utilisé pour en extraire le latex. Après cette période, l’arbre est abattu pour utiliser son bois.

Le latex, à l’origine du caoutchouc, est obtenu par incision du tronc de l’hévéa. La sève qui en découle est alors récoltée à l’aide de godets pour être plus tard transformée en caoutchouc. C’est à partir de l’extraction de cette matière végétale naturelle que vont être créés divers produits, des pneus de voiture jusqu’aux sacs.



le latex à la base du caoutchouc est collecté sur les hévéas

Du latex au caoutchouc

Afin d’obtenir le caoutchouc, il est nécessaire de coaguler le latex précédemment récolté. Il faut stabiliser la matière naturelle à l’aide d’ammoniaque, puis presser la substance pour réduire sa teneur en eau. On obtient dès lors des balles de caoutchouc, composants principal du caoutchouc naturel final.

On mélange ensuite la matière obtenue à différents réactifs comme le souffre ou le carbone, puis on peut utiliser des polymères synthétiques pour lui conférer les qualités souhaitées.

Le caoutchouc peut alors être usiné pour obtenir les produits souhaités, comme les sacs ou chaussures dans l’industrie textile.



le caoutchouc naturel peut servir a la confection de chaussures

Les alternatives: vers un caoutchouc durable et équitable

La culture du caoutchouc et le défi écologique

La culture de l’hévéa pose les mêmes problèmes que celle des palmiers à huile en Asie du Sud-Est. C’est dans cette région qu’est concentrée la majeure partie de la production mondiale de caoutchouc. Les grandes exploitations remplacent les forêts tropicales et détruisent avec elles leur biodiversité florissante et endémique. En plus de l’utilisation de pesticides et autres substances polluantes, cette culture appauvrit les sols et pollue les eaux, retirant à la terre sa fertilité et sa richesse...

Le caoutchouc naturel est aussi mis en danger aujourd’hui par le Mycrocyclus ulei, un champignon sévissant déjà au Brésil et menaçant de se répandre en Asie où est concentrée la culture d’hévéa. Ce champignon infecte les feuilles pour produire ses spores et les fait tomber prématurément, restreignant ainsi les capacités de photosynthèse de l’arbre et donc son développement et sa survie.

La mise en danger de cette ressource naturelle menace la production de caoutchouc mais surtout l’environnement. Pour palier au manque d’hévéa, les industriels devraient alors produire plus de caoutchouc synthétique, bien plus polluant, bien moins respectueux de la planète.



la culture d'hévéa est menacée par un champignon

Vers un caoutchouc respectueux de l’environnement ?

Un mode durable de production de la matière existe : un caoutchouc biologique issue du commerce équitable. Ce dernier provient d'une culture plus éthique du caoutchouc, en respectant la nature et les ouvriers. Le label Forest Stewardship Council récompense ainsi certaines plantations remplissant ces conditions. Il est fondé sur 10 principes à respecter, comme le respect des conditions de travail, des populations autochtones ou encore le maintien de l’écosystème des forêts.

Afin de donner une seconde vie au caoutchouc, certains industriels ont mis au point un système de recyclage de ce dernier. Ceci permet d’éviter la pollution de l’environnement et d'augmenter la durée de vie de cette matière naturelle.
Ce n'est pourtant pas un procédé généralisé et ce n’est souvent pas un recyclage à proprement parler mais plutôt ce que l'on appelle du sous-cyclage. Le caoutchouc est récupéré pour être transformer en un matériau ou produit de qualité inférieur. Par exemple, le caoutchouc peut-être transformé en granulés utilisables pour des sols des terrains de sports synthétiques.
Trop peu de projet aujourd'hui propose de recycler le caoutchouc pour en refaire des produits de qualité identique car les procédés techniques ainsi que les coûts ne sont pas encore assez attrayants.



le caoutchouc sous-cyclage ou recyclage

Le caoutchouc : quel bilan ?

Les plus

La latex à l’origine du caoutchouc est une matière première naturelle abondante et à la culture très développée notamment en Asie.

La matière naturelle végétale qu’est le caoutchouc peut répondre aux défis contemporains vers une mode éthique et responsable.

Les moins

La culture du caoutchouc reste aujourd’hui une exploitation très controversée, participant à l’instar de l’huile de palme à la déforestation en Asie. L’utilisation de pesticides met autant en danger les ouvriers agricoles qu’elle met en danger la nature.

L’industrie du caoutchouc est face au défi du rapport entre caoutchouc naturel et caoutchouc synthétique, ce dernier étant bien plus polluant que son homologue végétal.

Les procédés de recyclage du caoutchouc doivent être améliorés pour permettre de réutiliser la matière première sans puiser dans les ressources naturelles.

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