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C'est quoi la slow fashion ?

🕓 Temps de lecture : 7 minutes

C'est quoi la slow fashion ?
#biencommencer #environnement #social

Ecrit par Beryl le 30 septembre 2021

Achetez moins, choisissez bien: c'est la maxime. Qualité, pas quantité. C'est la chose la plus écologique que vous puissiez faire.

Vivienne Westwood, styliste engagée pour une mode éco-responsable

Après votre prise de conscience des problèmes liés à la fast fashion, ne désespérez pas en vous disant qu’il n'y a pas de solution ! En réalité, la fast fashion est un système assez récent, dont l'essor a eu lieu dans les années 1990 à 2000, donc imaginer et mettre en place un autre modèle est tout à fait possible. À contre-courant de la fast fashion, le mouvement de la slow fashion a émergé dans les années 1990 pour aller à l'encontre du consumérisme et de pallier les dérives de la fast fashion, en adoptant un mode de vie durable.

C'est quoi la slow fashion ?

En opposition à la fast fashion, la slow fashion est un mouvement qui promeut une fabrication de vêtements, dans le respect de l'environnement, des travailleur.euse.s et des animaux. C'est une alternative à la fast fashion qui vis à limiter ses achats vestimentaires pour consommer moins mais mieux.

Pour atteindre ce but, la slow fashion :

Comment marche la slow fashion ?

La slow fashion c'est une production moins intensive, en plus petites quantités ou en pré-commande, en prenant tout le temps nécessaire à l'élaboration d'un vêtement, en utilisant les matières les plus responsables possible. En somme, la slow fashion c'est privilégier la qualité du vêtement à la quantité.

Ainsi, les vêtements sont confectionnés dans des matières de qualité qui durent dans le temps. La slow fashion partage donc de nombreuses valeurs avec la mode éco-responsable, à tel point que de nombreuses personnes utilisent ces termes comme des synonymes.

À lire aussi : 💬 6 engagements des marques de mode éthique

D'ailleurs, la mission de WeDressFair est de sélectionner toutes les marques engagées dans la slow fashion, afin de les rendre connues du plus grand nombre. Cette sélection s'appuie sur une charte stricte. On y trouve par exemple les vêtements bio pour homme de Knowledge Cotton Apparel, les vêtements recyclés Hopaal, les robes et jupes féminines en tencel de ArmedAngels ou Thinking Mu... 

all you need is less slow fashion

"Tout ce dont on a besoin, c'est moins" | © Edward Howell / Unsplash

La slow fashion, mais à quel prix ?

Un des arguments qui revient inlassablement lorsqu'on parle de mode éco-responsable, c'est son prix plus élevé que la fast fashion. Pourtant, si vous additionnez le prix de tous les vêtements de fast fashion que vous avez acheté dans votre vie, dont vous vous êtes débarrassés parce qu'ils n'étaient plus en bon état ou parce que vous ne les portiez jamais, on arrive rapidement à des sommes astronomiques qui ont été dépensées. La meilleure preuve de cela, ce sont les bénéfices qu'engendrent des entreprises comme Zara (815 millions d'euros en 2019) ou H&M (192 millions d'euros entre juin et août 2020) par exemple. Ainsi, Eurostat estime qu'en 2019, alors que les français sont friands de mode à petits prix, chaque personne a dépensé 670€ en habillement. Comme quoi même une mode à prix réduits constitue un budget annuel conséquent.

Les petits prix de la fast fashion sont donc une fausse-bonne affaire. Alors que la fast fashion considère qu'un vêtement peut être lavé 10 fois avant de s'abîmer, la slow fashion fait le pari d'utiliser des matières stables dans le temps pour allonger la durée de vie des vêtements.

Production et consommation raisonnée, matières éco-responsables, prix justifiés, conditions de travail équitable.

Le prix des vêtements de mode éthique s'explique par une juste rémunération des personnes qui confectionnent les vêtements, de bonnes conditions de production qui s'appuient sur des savoir-faire réels, et le choix de matières premières de qualité. Tout cela a forcément un certain coût ! Ainsi, le prix d'un vêtement éco-responsable, c'est comme un investissement : la différence se joue dans le temps !

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Comment rendre la mode plus durable ?

Le confinement de mars 2020 a eu pour conséquence un écroulement des achats de vêtements. Cela s'explique par de nombreux facteurs, mais nous sommes nombreux.ses à avoir réalisé à quel point l'accumulation de vêtements pose de nombreuses questions, notamment sur nos modes de consommation.

La consommation comme thérapie ?

En 2012, la marque ba&sh avait pour slogan pendant la période de soldes : "Shopping is cheaper than a psychologist", signifiant que le shopping coûte moins cher qu'une séance chez un psychologue. Ce slogan pose en réalité plusieurs questions. Premièrement, cela confère au shopping une fonction thérapeutique, à ce jour non-avérée. Deuxièmement, l'affirmation que le shopping reviendrait, au final, moins cher qu'une séance chez un psychologue, n'est pas non plus avérée.

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Slogan de la campagne Ba&sh en hiver 2012.

En effet, les mécanismes d'achats compulsifs sont fréquents dans l'industrie textile car ils permettent de pallier des angoisses, tout en nous permettant de nous affirmer par nos achats. Et il n'y a rien d'étonnant à cela : aujourd'hui, la consommation est un moyen d'exprimer notre identité personnelle, et la consommation de mode n'échappe pas à ce phénomène. Les vêtements sont un véritable moyen d'expression individuelle, tout en nous permettant de faire partie d'un groupe plus large. Ainsi, la consommation nous permet d'être confirmé.e dans nos choix esthétiques, mais aussi philosophiques. La consommation est donc un moyen comme un autre de faire partie de groupes que nous valorisons esthétiquement ou philosophiquement.

Pour autant, pour la psychanalyste Élisabeth Conesa, une consommation compulsive, répétée, ne faisant pas de place à la réflexion serait en réalité un "leurre thérapeutique" qui ne permettrait pas de faire face aux angoisses que l'on essaie de combler par une surconsommation. Aussi, elle avance le fait que le "shopping thérapeutique" coûterait en réalité bien plus cher qu'un suivi thérapeutique.

Comment s'habiller eco-responsable ?

Vous l'aurez compris, on ne vous dira pas d'arrêter totalement de consommer. En effet, la consommation a des vertus, et peut tout à fait vous permettre de vous épanouir. D'après nous, les questions à se poser quand on consomme c'est : "Est-ce que acheter tel vêtement me rend vraiment heureux.se ? Si oui, pourquoi ?".

En répondant honnêtement à ces questions, vous verrez que consommer de façon éco-responsable, ça passe par mesurer les choses qui sont derrière notre manière de consommer. Derrière la consommation de chacun.e d'entre nous, il y a des enjeux personnels parfois inconscients, mais il y a aussi un impact écologique et social. Ainsi, en consommant en accord avec nos valeurs et nos engagements personnels, on arrive beaucoup plus facilement à s'épanouir par notre consommation, qui se libère ainsi du consumérisme.

Une consommation modérée, c'est que chaque achat soit le fruit d'une réelle volonté et/ou d'une réelle nécessité.

Par exemple, si, comme nous, vous considérez aussi que personne ne devrait souffrir pour produire des vêtements vendus à 10€, alors on fait le pari que vous poser des questions sur les conditions de production des vêtements avant de les acheter deviendra très vite un réflexe.

Mais l'un des principes fondamentaux de la slow fashion et du dressing éco-responsable, c'est de ne pas acheter des vêtements de façon excessive, et de ralentir sa consommation en privilégiant des vêtements de qualité ou des vêtements de seconde main !

Et peut-être que finalement 6 sacs de vêtements remplis à ras bord, ce n’est pas forcément une bonne idée. Alors on privilégie une garde robe minimaliste et on n'achète que ce dont on a vraiment envie (et besoin), et c'est peut-être ça la vraie révolution.

Sources :

Eurostat : dépenses des ménages dans l'habillement
INSEE : consommation des français.e.s dans le secteur de l'habillement

Conesa Élisabeth, « « Shopping is cheaper than a psychologist. » Psychanalyse et consommation », Revue du MAUSS, 2014/2 (n° 44).

Gauthier François, « Les ressorts symboliques du consumérisme. Au-delà de la marchandise, le symbole et le don », Revue du MAUSS, 2014/2 (n° 44).

Perret Bernard, « Sortir du consumérisme est devenu vital », Revue Projet, 2018/6 (N° 367). 

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