4 outils pour consommer responsable !

Temps de lecture : 8 minutes

4 outils pour consommer responsable !
#biencommencer

Ecrit par Sawsane le 2 juillet 2020

1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre. C’est la quantité rejetée, chaque année, par l’industrie du vêtement, qui, à elle seule, émet plus que l’aviation et le transport maritime réunis. Ce qui représente, mine de rien, beaucoup de pollution. Quelle solution dès lors ? Tout quitter pour ne plus céder aux sirènes de la surconsommation et aller élever des Alpaga ? On y a pensé. Puis les Alpaga, mignons tout plein qu’ils sont…

Mais non. Nous avons décidé de ne pas nous laisser abattre aussi facilement. Il en faut peu pour devenir un modeux.se éco-responsable (et être heureux.se). Et parce que nous aimons partager, nous vous donnons quelques outils bien utiles pour commencer dans la mode éthique sur les chapeaux de roue !

#1 Bye bye maudit greenwashing 🍃

Le greenwashing, on en parle beaucoup. Au point qu’il a été l’objet de nombre de campagnes réalisées par WeDressFair. Mais concrètement qu’est-ce que le “green washing” ? Il s’agit, ni plus ni moins que du croisement entre un sacré budget communication et une imagerie délibérément « verte » ou « écolo » qui laisse à penser au consommateur.rice que le produit qu’iel achète est respectueux de l’environnement. Alors qu’en pratique, le pourcentage de matière biologique dans les produits issus de la fast fashion est souvent bien faible.

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Un shooting en pleine nature, des mannequins communiant avec le paysage environnant ? Des déclarations relatives au recyclage, à des objectifs “verts” pour la marque ? Ne vous y trompez pas, le procédé est commun : la communication ne fait pas tout. Derrière chaque publication, il incombe d’avoir des informations concrètes. Pour cela, il est important de consulter les sites des marques pour en apprendre davantage ou des sites de veille tels que Clean Clothes Campaign ou encore l’Ethique sur l’étiquette.

De la même façon que l’imagerie, les mentions vagues ou trompeuses fleurissent sur les vêtements : « Bio », « non-toxique », « 100% organique », « responsable ». Pour s’en prémunir, on s’en tient à ce qui est indiqué sur les étiquettes. Si des informations additionnelles manquent à propos de ces mentions, il faut s’inquiéter. Les véritables marques éco-responsables fournissent en effet des explications plus approfondies.

Une autre question est celle de la composition exacte. Coton, polyester en quantité importante par rapport au coton biologique ? A fuir. Un produit biologique est, par définition, à 95% au moins, issu de la culture biologique.

Un « label » vous semble louche ? Fiez-vous aux labels reconnus :

  • GOTS : le label de référence pour les matières biologiques, certifiées à 95% minimum
  • Global Recycled Standard ou GRS : certifie le contenu recyclé d’un produit mais aussi des exigences environnementales
  • Oeko-tex : certifie l’absence de substances toxiques pour l’homme et la planète

Si d’autres labels sont mentionnés et qu’après recherche, aucune troisième partie - indépendante, n’est citée, c’est probablement qu’il n’y en a pas. Le label ne dispose alors d'aucune crédibilité.

Pour en savoir plus sur le green washing et les pièges à éviter, n’hésitez pas à consulter notre guide anti-greenwashing ou encore notre guide des labels et certifications.

#2 La méthode BISOU 💋

BISOU, un mot aussi doux que rassurant. Mais surtout un excellent mnémotechnique – et non pas “mémotechnique”, +1 bizarrerie de la langue française ! BISOU n’est ni plus ni moins qu’un acronyme, tiré de l’ouvrage « J’arrête de surconsommer – 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque » de Marie Lefèvre et Herveline Verbeken.

B – « Ai-je BESOIN du vêtement que j’achète ? »

Le fast fashion a favorisé l’achat régulier de vêtements - mauvaise qualité, soldes régulières… Au point de nous demander si nos achats relèvent du besoin réel.

On est tou.te.s déjà passé.e.s par cette expérience banale mais terriblement agaçante : celle de découvrir dans notre placard un vêtement pour lequel un coup de coeur semble s’être opéré mais que l’on a porté tout au plus deux fois… sinon pas du tout. Il s’agit de réfléchir à la longévité que pourrait avoir une pièce au sein de notre placard.

I - « Est-ce que j’en ai IMMÉDIATEMENT besoin ? »

Les offres éphémères, les bas prix, autant de facteurs qui nous pousse à agir vite. En période de soldes, les offres intéressantes ne durent qu’un temps. Et si je les manquais ? Et si quelqu’un.e en profitait à ma place ? Autant de biais dont il faut réussir à se défaire. Acheter un pull sympa oui. Mais le thermomètre affichant les 35° dehors nous enjoint peut être à considérer cet achat pour plus tard. Comme pour les fruits et légumes, acheter de saison reste encore le mieux.

Plusieurs pistes sont offertes par Marie Lefèvre. Limiter l’exposition : Instagram, newsletters promotionnelles. Mais aussi se faire une liste d’envie : les consigner sur papier, y revenir une dizaine de jours plus tard, permet de s’apercevoir que souvent, l’envie est passée.

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S - « Est-ce que j’ai quelque chose de SEMBLABLE ? »

On a tou.te.s des chouchous parmi notre garde-robe. On les apprécie à tel point que, parfois, de façon un peu inconsciente voire presque réflexe, on se réoriente vers des pièces similaires. Avoir des vêtements semblables amène souvent à privilégier une pièce en particulier et à délaisser quelque peu les autres. 

D’où l’importance de passer en revue mentalement ce que l’on possède déjà. Il existe également des applications pour scanner sa garde robe - qui vous proposent en plus de ça des associations sympathiques entre pièces de votre placard.

O - « Quelle est l’ORIGINE de ce produit ? »

LA question. Qui se décline en autant d’autres :

  • le pays de fabrication
  • la distance parcourue par l’item
  • la matière dans laquelle le vêtement est fabriqué
  • le nombre de ressources impliquées dans la fabrication
  • la pollution provoquée
  • les conditions de travail dans lesquelles la pièce s’est fait

Pour cela, on ne change pas la méthode qui gagne. On se réfère à l’étiquette mais également aux labels.

Réfléchir à son rapport à l’achat, voire le différer, c’est déjà reprendre le contrôle

Marie Lefèvre

U - « Ce vêtement me sera-t-il UTILE ? »

Combien de fois ce vêtement va-t-il vous servir dans l’année ? Face aux occasions qui nécessitent une tenue habillée que vous ne comptez pas porter à nouveau, il y a notamment l’initiative de la location.

La méthode BISOU donne une base de réflexion mais surtout de lutte contre les achats compulsifs : réfléchir à son rapport à l’achat, voire le différer, c’est déjà reprendre le contrôle pour Marie Lefèvre.

Pour en savoir plus sur les soldes, consultez notre article Des soldes justes, est-ce possible ?

#3 Des listes, des listes et encore des listes 📑

Plus tôt, on vous mentionnait la liste d’envie préconisée par la créatrice de la méthode BISOU. Consigner ses désirs pour mieux les contrôler et les comprendre.

Une autre idée est celle de la liste d’achats - annuelle, mensuelle, au choix.

  • Qu'avez vous acquis ?
  • Quelle quantité de vêtements ?
  • Quel type de vêtements ?
  • A quel prix - et est-il justifié ?

Un bon moyen de se pencher sur ses réflexes de consommation, qu’il s’agisse de la fréquence ou du budget. Le mieux reste encore de classifier la liste en différents types d’achat : neuf et de seconde main. On subdivise la catégorie “neuf” en deux : d’une part les achats issus de marques éthiques et éco-responsables et de l’autre les marques de la fast fashion.

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La blogueuse “Une vie plus green” souligne une chose intéressante à propos de cette liste : notre propension à reporter notre consommation de vêtements issues des marques de la fast fashion dans l’achat en fripes. On comprend les frissons ressentis lors d’une première escapade en fripes : le prix - a priori, bas, la trouvaille de pièces uniques, la satisfaction de donner une nouvelle vie à des fringues qui ont déjà du vécu…

Mais un effet pervers est celui de l’achat qui ne relève pas du besoin - même chose qu’avec la fast fashion. La seconde main nous donnerait presque bonne conscience… Il s’agit de consommer autrement d’abord dans le choix de nos fournisseurs mais pas que. Consommer autrement, cela veut aussi dire limiter plus globalement l’achat de vêtements quelque soit le médium par lequel on passe. Pouvoir visualiser les achats que nous avons réalisé sur une période de temps donné a cet avantage qu'il nous permet de réaliser assez vite quels sont nos biais.

#4 Collection capsule 👕

Tout est partie d’une simple navigation sur le net avant de tomber sur une vidéo. Celle où, une influenceuse se propose pendant un mois, de se limiter à une certaine quantité de vêtements pour s’habiller. Cette dernière établit un quota de moins de 30 vêtements, vestes et chaussures comprises. Néanmoins en fonction de la taille de votre placard et de vos envies, c’est une quantité qu’il vous reste à définir. Un travail de tri déjà dans sa garde-robe : sélectionner les essentiels mais aussi peut être (re)découvrir des vêtements que l’on portait pas ou peu et les remettre à l’honneur.

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Limiter sa garde-robe sur une période donnée permet plusieurs choses :

  • de se rendre compte qu’avec peu de vêtements, il est possible de donner vie à des looks très différents - less is more.
  • de repenser son rapport au vêtement et dédramatiser le fait de porter des pièces plusieurs fois sur une même semaine - vous avez le droit de porter ce jean lundi et jeudi si vous l’aimez tant, oui oui !
  • de mettre à profit toute sa garde-robe une fois le challenge terminé. Souvent on se rend compte qu’on a plus qu’assez de vêtements.

Vous aussi vous disposez de trucs et astuces pour consommer responsable ? N’hésitez pas à nous en faire part ! Perdu.e.s dans la jungle de la mode éthique ? Le B.A.-B.A. de la mode éthique est là pour vous guider.

Tags : Pour commencer

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